Brad Mehldau & Mark Guiliana – Mehliana – Taming the Dragon (2014)

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Brad Mehldau & Mark Guiliana – Mehliana  – Taming the Dragon (2014)

Je n’ai pas vraiment l’habitude d’écouter Brad Mehldau, mais là … là … je dois dire qu’il a fait mouche pour attirer mes oreilles capricieuses …

Premier album électrique pour le duo Brad Mehldau & Mark Guiliana, Brad au Fender Rhodes / claviers, Mark à la batterie, sur le label Nonesuch. 12 titres sur cet album, 6 écrits en duo et les 6 autres par Brad Mehldau.

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Voici la Tracklist :

1 – Taming the Dragon
2 – Luxe
3 – You Can’t Go Back Now
4 – The Dreamer
5 – Elegy for Amelia E.
6 – Sleeping Giant
7 – Hungry Ghost
8 – Gainsbourg
9 – Just Call Me Nige
10 – Sassyassed Sassafrass
11 – Swimming
12 – London Gloaming

Pour découvrir ce duo électrique, qui fera penser parfois au regretté E.S.T, voici Hungry Ghost en live (Los Angeles en Octobre 2013):

Marcus Miller – Renaissance (2012)

Marcus Miller – Renaissance (2012)

A chaque nouvel opus de M², un évènement ! On attend toujours beaucoup du surdoué, boulimique de travail, d’expériences variées. Après environ 35 ans de carrière, en tant que Sideman, Producteur, Compositeur en solo ou pour des artistes légendaires … ou pas … Notez plutot : MILES DAVIS, Al Jarreau, Herbie Hancock, Luther Vandross, George Benson, Joe Sample, EU (GOGO), Chyco Simeon, Claude Nougaro, Whitney Houston (brièvement), George Duke, Me’shell Ndegeocello, David Sanborn, Stanley Clarke, Victor Wooten, The Jamaica Boys, Roberta Flack … … … and the list goes on & on & on …

Cet album marque une rupture pour l’artiste hyper talentueux qu’est M² : « Je sens qu’une page se tourne, nos derniers héros disparaissent et nous entrons dans une ère nouvelle, à la fois politique et culturelle. Mais la musique n’est pas aussi révolutionnaire que les médias. Il est temps pour une Renaissance ».

Et pour marquer cette rupture, changement complet de casting avec un nouveau groupe et des invités exceptionnels. Nouveau groupe, vraiment ? Pour un album solo studio oui ! Mais des artistes comme Alex Han, Sean Jones, Federico Gonzales Pena, Luis Cato il y a eu déjà énormément de lives ensemble, et surtout TUTU revisited ! Quant à Bobby Sparks, c’est un ancien fidèle de chez les fidèles, un ancien tout de même très jeune.

The Band :

Marcus Miller (M²) : Bass & Bass Clarinet

Louis Cato : Drums

Kris Bowers : Keyboards

Alex Han : Sax

Maurice Brown : Trumpet

Sean Jones : Trumpet

Adam Agati, Adam Rogers : Guitar

Federico Gonzales Peña : Piano, Fender Rhodes

Bobby Sparks : Keyboards

Ramon Yslas : Percussion

Sur cet album, 8 morceaux originaux et 5 reprises.

Tracklist :

1 – Detroit – Ça démarre fort avec LE son M², fabuleusement accompagné par un Kris Bowers au poil. Section cuivre très présente sans être écrasante. Et un Marcus qui se balade comme seuls les génies peuvent le faire. Le moindre phrasé et on se dit : « Wow, prends ça ! ». Solo incroyable, même pour un connaisseur du grand Marcus. C’est sa grande force ! Il sait, avec par exemple ici un son saturé renouveleré sans cesse LA M² Touch et impressionner ses plus grands fans (oui, j’en suis depuis … depuis toujours je pense … depuis Jean Pierre with Miles en fait)! Alex Han est comme toujours épatant ! Lors de la série de concerts Tutu, il m’avait salement impressioné !!!!

2 – Redemption – Morceau un peu plus cool qui laisse la part belle à Alex Han et Sean Jones aux cuivres, avec le petit plus apporté par Federico G. Peña. Je peux me tromper, mais Alex Han me rappelle ici le fougueux Kenny Garrett à ses débuts. Le solo de Marcus Miller est … pfff … il est … il faut simplement l’écouter, c’est juste beau …

3 – February – Cool Latin Down tempo. Tout en retenu, avec Alex Han majestueux, un refrain MAGNIFIQUE, Marcus Miller fait « chanter » sa Basse comme personne et Louis Cato qui brille aux Djembés.

4 – Slippin’ into Darkness – Reprise du plus grand classique de WAR. FUNKY ! Bien plus qu’une reprise, c’est une réécriture complète de ce très bon titre ! C’est simplement une occasion supplémentaire de voir le génie, le talent de Marcus Miller. Jamais dans la simplicité, toujours dans le plaisir. Des cuivres magnifiques, mêlés à des percussions et un M² en très grande forme ! A noter une fois encore le très beau jeu du pianiste Kris Bowers. Je ne le connaissais pas, je vais maintenant le suivre ! Et un brillant Sean Jones ! Cet album est une mine d’or en fait : un nombre incroyables de pépites s’y trouvent ! C’est quoi le titre de ce morceau déjà ? C’est une reprise ? Ah oui, le refrain !! Parce que le reste, c’est une véritable composition !

5 – Setembro (Brazilian Wedding Song) [Ivan Lins] – Superbe reprise de ce magnifique titre, que Quincy Jones a également repris il y a pas mal d’années maintenant avec l’excellent groupe Take 6. Ici, deux énormes pointures pour se titres magiques : Gretchen Parlato et Ruben Blades, rien que ça. Et un grand bravo à Ramon Yslas pour son jeu de percussion. C’est un morceau qui nous enrobe, nous transporte loin … dans un endroit où il fait bon vivre … Superbe Marcus Miller, magnifique duo Clarinete Basse et Sax à contre courant, et quel plaisir non dissimulé d’écouter Ruben Blades. Cet album aurait eu une couleur bien différente sans ce chef d’oeuvre. UN CHEF D’OEUVRE !

6 -Jekyll & Hyde – Back to Funk ! Avec un son très Dirty, côté Hyde ? Of course. J’apprécie tout particulièrement Federic Gonzales Peña tout en retrait, en décalé, mais sublime. Ça envoie du gros, du lourd, des cuivres éclatants. Le tout jeune ALex Han qui joue comme un vieux briscard, Adam Rogers très électrique à la guitare, Bobby Sparks so groovy … IN YO FACE ! Pas de ma faute si je kiffe particulièrement le côté trash, le côté HYDE !!! C’est ma dose de FUNK !!! ENCORE !!!!!! Imaginez simplement ça en LIVE, à faire couler un larme !

7 – Interlude – Nocturnal Mist [Luther « Mano » Hanes] : Marcus tout en sobriété, accompagné de Federico Gonzales Peña.

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8 – Revelation – S’il fallait un morceau pour mettre en lumière cet incroyable jeune talent qu’est Alex Han, ce serait celui ci … !  Première partie incroyable. C’est alors que M² accélère le beat, reprend du poil de la bête, et ça GROOVE dur !! Très bon Adam Agati et Louis Cato ! Ce morceau est comme une implosion, comme une révélation de tous les musiciens … 😉

9 – Mr. Clean, de Weldon Irvine Jr – Enorme morceau Jazz Funk du géant Weldone Irvine Junior de 1972, avec du bon son bien gras, une basse écrasante, un Sean Jones à la trompette étincellant, Alex Han toujours aussi bon … A écouter TRES TRES FORT !! Et en seconde partie, Marcus renaît avec un solo SO FUNKY, Bobby Sparks INCROYABLE … Damned !! C’est ENORME ! Je vous conseille du coup d’écouter l’album Liberated Brother, un must have.

10 – Gorée (Go-Ray) – down down tempo, clarinette basse en avant pour ce morceau hommage à la tristement célèbre traite négrière en Afrique, que l’ïle de Gorée (baie de Dakar) symbolise. C’est probablement la meilleure performance de clarinette basse de Marcus Miller à ce jour, selon moi bien évidemment. Quelqu’un pourrait dire à Alex Han d’arrêter d’être aussi bon et aussi mature svp ? Il est trop fort ce petit jeune !!!

11 – CEE-TEE-EYE, featuring Paul Jackson Jr à la guitare, aka Mr j’ai-joué-avec-tout-le-monde. Grosse basse pour ce morceau mid-tempo, soutenue par une section cuivre solide, un Maurice Brown Chair de poulesque, Kris Bowers grandiose !! Arrangements somptueux servi par le MASTER Marcus Miller. Si vous souhaitez hurler, écouter donc son dernier solo … speechless … Et c’est avant son petit déjeuner !

12 – Tightrope, de Janelle  Monae, featuring Dr. John – Encore une fois, une reprise très surprenante loin de la version originale, qui était déjà très punchy (et un clip délicieux !). Il fallait y penser, reprendre ce morceau de 2010 et y ajouter Dr John avec sa voix très particulière. Bravo, once again. Je ne suis pas fan de ce genre de rythmique, mais là … tout est tellement de TRES haut niveau, que je ne peux m’empêcher de danser derrière mon clavier d’ébène et d’ivoire .. ah non, pas là … mon clavier d’ordinateur pour taper ce modeste article, où je m’attaque à l’un de mes artistes favoris (avec Miles, George Duke et Al Jarreau). Pour revenir à ce morceau, j’aurai ADORE avoir David Sanborn tellement le jeu est proche du sien. Mais ce ne serait plus une Renaissance 😉 Du coup,une fois encore : Alex Han … STOP IT !! You’re too good ! Et décidément, je vais suivre ce Kris Bowers.

13 – I’ll be there interprété initialement par un petit jeune … Michael Jackson. Magnifique, brillant, émouvant qui me fait encore une fois regretté la mort de ce géant artiste hyper talentueux, mais qui me fait également regretté une non collaboration profonde entre M² et MJ. Ça aurait été un tournant dans la musique je pense.

Pour conclure, procurez vous cet album très, mais alors très vite !!!

Petit bonus vidéo : Billie Jean’s All Stars. Idée géniale qu’a eu Radio 2, en Italie, où la radio a demandé à certains musiciens de talent, sur une période de 8 mois,  d’improviser sur Billie Jean de Michael Jackson.

Le casting de rêve :

Vocal _ Michael Jackson
Bass _ Marcus Miller
Guitar _ Jean Paul « Bluey » Maunick (incognito .. au cas où)
Drums _ Billy Cobham
Trumpet _ Enrico Rava
Piano _ Stefano Bollani

C’est pas énorme ça ?!? de rien … de rien …

The Unity Sextet (2012)

The Unity Sextet (2012 chez Légère Recordings)

Premier album pour ce groupe particulier, dont je ne connais quasiment rien … c’est presque une énigme … Je vais donc lutter et transpirer à grosses gouttes pour réaliser une review digne de ce nom.

The Unity Sextet est né il y a moins d’un an ! Les musiciens formant ce groupe se sont rencontrés lors de différents festivals de jazz dans lesquels ils jouaient, et Buddy Franco s’est dit : « Hey, pourquoi ne pas bosser ensemble, se rapprocher d’un producteur de talent qui pourrait nous produire de manière spontanée .. là … » Ce producteur n’est autre que Lack of Afro !! Quelques semaines plus tard, le groupe est né et l’enregistrement réalisé. Elle est pas belle la vie ?

The Unity Sextet est composé des musiciens suivants :

Buddy Franco : Saxophones. Il a par ailleurs composé l’intégralité de l’album … rien que ça.

Fat Thumbs Ronnie : Piano & Vibes

Cassius Farqhuar : Drums & Percussion

Fats Young Jr. : Guitares

Junior Oliver : Upright Bass

Chuck Waldron : « Electronics » … claviers quoi

Tracklist :

1. One for people (Part 1) – Titre electro jazz, dans la lignée d’un St Germain. Boucle de basse, mid tempo, avec un sax inspiré en background. Belle entrée en matière.

2. The Arrow – Titre jazz flirtant avec le jazz cubain, batterie en syncope, boucles Basse / Guitare, incursions sublimes de keyboards sonorités Fender Rhodes, sax limite en transe  … Très belle plage.

3. Ten days (Part 1 & 2) – même rythmique que le titre précédent avec des percussions très présentes. Les sonorités guitares rappellent fortement Lack of Afro ! Certains passages sont empreints d’Afro Beat. Répétitif mais agréable. Je me serai tout de même passé des sonorités électroniques ajoutées.

4. Interlude 1 – Une interlude quoi …

5. Right Now! – Excellent titre electro jazz qui fera remuer le popotin des plus récalcitrants ! Get up & dance ! Fats Thumbs Ronnie en pleine forme !

6. Us Six – Aaaah que j’aime ces sonorités claviers ! Section cuivres parfaitement posée, en re-recording car seul Buddy Franco joue des cuivres sur cet album. Guitare, Sax, Basse, Piano y vont de leur solo.

7. Do me a Fredo – Le titre est lui aussi une énigme pour moi. Qu’est-ce que faire un Fredo ?? Quoi qu’il en soit, très bon titre electro jazz avec une mise en avant de la guitare, piano et un bon solo de sax.

8. Interlude 2 – RAS

9. Black Pearl – Morceau Mid Tempo, cool, smooth avec un Buddy Franco en forme. C’est beau, rien d’extravagant, mais cela s’écoute plutôt bien.

10. Swing Swang Swingin – On reste sur un tempo cool, un plus jazz, mais avec ces satanées sons électroniques que je déteste !! Beaux solos de guitare et sax mais qui manque toujours de folie. C’est propre, carré mais finalement un peu trop. La seule folie, les sons electro qui pourrissent le morceau. Mais sur la seconde partie du titre, Fats Thumbs Ronnie a décidé de prendre ce morceau à charge et là, il montre de quoi il est capable ! Le meilleur passage de l’album.

11. Dance of the Pharaohs – On accélère le rythme avec un très bon jeu de basse / piano / guitare. Et là, ENFIN, des sonorités un peu différentes, ils prennent quelques risques et c’est tant mieux ! Il faut savoir sortir de sa zone de confort pour être accrocheur! Très bon titre ! Un des meilleurs.

12. Interlude 3 – Oh, une interlude !

13. Until next time – Eux, ils ont écouté Gil Evans pour démarrer ce morceau comme ça ! Ensuite, le morceau démarre sur une ballade mielleuse à souhait. Inutile. Qui ne cadre pas avec le décor. Mais quel est le phoque ?!? Navré, je ne peux pas … c’est contre nature pour moi ce genre de titre. Même le jeu du sax m’énerve, c’est dire. Il aurait probablement fallu le remplacer par une voix, plus adapté il me semble. Mais bon, je ne suis pas producteur, juste un passionné.

En bref, un bon album electro jazz comme on en faisant il y a quelques années, sans excentricité, folie … Oubliable finalement, c’est dommage.

Comme l’indique le dernier titre de cet album, ce n’est que le début … La PHASE 1 de l’expérience The Unity Sextet.

Pour écouter cet album, c’est simple … c’est juste en dessous :