Chico & Rita (2010)

Chico & Rita par Fernando Trueba & Javier Mariscal

Une fois n’est pas coutume, j’ai décidé de vous parler d’un film, et non d’un disque ou d’un concert. Et qu’en plus ce film est un film d’animation. Et qu’en plus ce n’est pas hyper récent … Je colle donc fortement à l’actualité en vous parlant rapidement d’un OVNI datant de 2010 (mais sorti en France en Juillet 2011  😉  ).

Alors pourquoi toutes ces entraves ? D’abord parce que je suis un peu chez moi, et ensuite parce que je reste finalement très proche de ma ligne directrice … la Musique !

Le Picth :

Cuba, 1948. Chico, jeune pianiste talentueux, écoute les derniers airs de jazz venus d’Amérique, en rêvant de s’y faire un nom. De son côté, la belle et sauvage Rita essaie de gagner sa vie en chantant dans les clubs et les bals populaires, où sa voix captive toute l’assistance. Des bordels de la Havane à New York, en passant par Hollywood, Paris et Las Vegas, la musique et ses rythmes latinos vont les entraîner dans une histoire d’amour passionnée, à la poursuite de leurs rêves et de leur destinée.

Merci Allocine.fr

Bon, comme ça, pas super alléchant, je vous l’accorde. Mais si vous êtes aussi amoureux que moi de la musique cubaine, du be-bop, du Jazz Cubain, vous serez conquis par ce film. Et je tiens à ajouter que l’histoire d’amour impossible est terriblement prenante, triste, frustrante, magnifiquement rendu à l’écran par les talents réunis autour de ce projet.

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Lors de cette histoire, qui démarre avant l’arrivée de Fidel Castro au pouvoir et fortement inspirée de la vie de Bebo Valdès (voix de Chico dans le film et compisiteur de la musique de ce film), nous croisons Chano Pozzo, Charlie « Bird » Parker, Nat King Cole (doublé par son frère Freddie Cole), Thelonius Monk, Ben Webster et Dizzy Gillespie !!! Rien que ça ! Ça pète dans tous les coins, les musiques sont magnifiques (Jazz, Mambo …), les voix féminines sensuelles, les dessins simplistes mais amplement réalistes pour un rendu proche de la perfection. Tout musicien ou aficionados DOIT voir ce film une fois dans sa vie. C’est un cours d’histoire ainsi qu’un cours sur la culture musicale.

Il a tout de même obtenu le Goya du meilleur film d’animation, nominé au Oscars, Prix Fnac pour un long métrage à Annecy, le European film awards du meilleur film d’animation … bref, pas un film passé complètement inaperçu, même si la France n’a pas fait honneur avec ses 100 000 entrées… no comment …

Rectifiez le tir ! C’est bon pour vous !

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Paolo Fresu & Omar Sosa – Alma (2012)

Paolo Fresu & Omar Sosa – Alma (2012)

Alma est la rencontre de deux personnalités bien connues des aficionados de jazz : le trompettiste italien Paolo Fresu et le pianiste cubain Omar Sosa. Ils sont accompagnés sur 4 titres du violoncelliste, producteur, compositeur, arrangeur brésilien Jaques Morelenbaum.

12 plages composent cet album (label Tûk Music de Paolo Fresu), toutes composées par les deux protagonistes à l’exception de Under African Skies, reprise de Paul Simon.

Tracklist :

1. S’inguldu – Premier titre avec la participation de Jaques Morelenbaum. A écouter fort tant l’ambiance générée par les percussions est agréable. Nombreuses sonorités improbables, parfaite incursion du violoncelle. Une réussite qui me rappelle à certains moments Sixun.

2. Inverno Grigio – Down tempo, Paolo Fresu mêle les sonorités de trompette pour un rendu exquis, rien que ça. La seconde partie de ce morceau est une pure merveille, avec entre autres l’utilisation du Fender Rhodes par Omar Sosa. C’est dans ces conditions que je me remémore une phrase de Miles Davis, notre maître à tous :  » Rien ne sert de jouer beaucoup de notes, il suffit de jouer les plus belles ». Tout est dit.

3. No Trance – Morceau tout en retenu pour justement ne pas entrer en transe ! On la frôle si souvent pourtant, notamment Omar Sosa. Construction très intéressante, utilisation des graves assez originale, percussions répétitives pouvant nous conduire jusqu’à cet état de transe justement. Wow … une leçon d’arrangements !

4. Alma – Seconde apparition du brésilien Jaques Morelenbaum, pour un morceau très calme, cool … so soft. Un peu plus conventionnel, attendu, moins mémorable par la force des choses. Je n’accroche pas, même si c’est parfaitement produit. Les deux dernières minutes tentent un passage par Cuba, mais pas suffisamment.

5. Angustia – Superbe, magnifique !! Complicité à son summum ! Duo Piano / Trompette qui servira de modèle ! Percussions très furtives mais très efficaces !

6. Crepusculo – Troisième participation du violoncelliste brésilien, toujours pour un morceau tout en douceur. Beaucoup d’émotion, mais pas ce que je préfère, sorry.

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7. Moon on the sky – Ca oui, ça me cause d’avantage ! Paolo Fresu en très grande forme où il brille à la trompette, où il est parfait aux percussions, et Omar Sosa qui se lâche un peu plus.

8. Old D Blues – Morceau un peur plus classique que le reste de l’album. A écouter dans la pénombre, pour se détendre.

9. Ninos – Morceau très particulier avec une rythmique en background, voire même plus loin encore, à contre courant des mélodies piano et trompette. Très créatif. Pas hyper nerveux, mais limite envoûtant. On aimerait entendre parfaitement ce qui est filtré en fond sonore !! Cela éveille notre curiosité !

10. Nenia – Un peu trop académique pour moi. Je passe.

11. Under African Skies – Excellente reprise de Paul Simon !  Très belles incursions du violoncelle. Omar Sosa joue là vraiment comme je l’apprécie le plus ! L’esprit de Bobby McFerrin a dû passer par les studios durant cet enregistrement 😉  Ne manque que Miriam Makeba pour atteindre l’apothéose.

12. Rimanere Grande – Non, là non … je ne peux pas comprendre un final pareil ! Vous n’avez PAS LE DROIT de faire de la soupe, c’est INTERDIT !

Pour conclure, un album en demi teinte avec d’excellents moments, et d’autres trop académiques .. loin de ce qu’ils font habituellement en solo. Mais je conseille tout de même l’achat d’Alma, pour les 9 plages qui m’ont données beaucoup d’émotion ! 9 plages sur 12, c’est plus qu’acceptable non ?

Bonus vidéo avec Under African Skies :